Black Clouds

Création le 3 juillet 2016 • Napoli Teatro Festival Italia

Comme pour chacune de ses créations, Fabrice Murgia s’est nourri de rencontres et d’expériences. Ici, c’est un atelier théâtral mené à Saly, au Sénégal, avec des comédiens locaux. Là-bas, ce sont différentes recherches autour des « brouteurs », ces escrocs en ligne qui sévissent depuis la Côte d’Ivoire pour réclamer de l’argent à l’autre bout du monde. Plus loin, l’auteur a exploré la vie incroyable d’Aaron Swartz, ce jeune informaticien américain adepte de l’internet en libre-accès et pionnier de l’open source, qui s’est donné la mort à 28 ans après avoir défié le FBI et le gouvernement américain.

Au plateau : quatre comédiens, deux Sénégalais, deux Belges, une envie de nous raconter avec force un grand conte contemporain, dans lequel se chevauchent une série de dialogues, de narrations croisées et de destins partagés.

Black Clouds prendra des accents de comédie quand il s’agira de nous raconter les supercheries orchestrées par les pirates du web ivoiriens, les brouteurs dont la spécialité est d’entretenir des relations amoureuses à distance avec des Occidentaux. L’internet devient alors le lieu de la rencontre entre deux personnes en détresse, l’endroit de la manipulation. Deux personnes ne se connaissent pas mais s’écrivent, elles sont à des kilomètres l’une de l’autre.
Dans ce spectacle, on évoquera le tourisme sexuel, cette « néocolonisation des corps ». On traitera de la fracture numérique Nord-Sud : cette Toile tantôt synonyme de partage d’informations et d’émancipation, tantôt de domination et d’asservissement. On s’enfoncera dans le deep web (ce web profond et invisible) et dans sa face plus sombre le Darknet, où la notion même de « frontière » n’a plus aucun sens. Black Clouds nous entraine dans un ailleurs à la fois onirique et bien réel, extrêmement troublant.

A l’âge de 21 ans, Aaron Swartz rédige son manifeste pour un internet libre-accès, « Guerilla Open Access Manifesto » dont voici un extrait :

(…)
Vous qui avez accès à ces ressources, étudiants, bibliothécaires, scientifiques, on vous a donné un privilège. Vous pouvez vous nourrir au banquet de la connaissance pendant que le reste du monde en est exclu. Mais vous n’êtes pas obligés — moralement, vous n’en avez même pas le droit — de conserver ce privilège pour vous seuls. Il est de votre devoir de le partager avec le monde. Et c’est ce que vous avez fait : en échangeant vos mots de passe avec vos collègues, en remplissant des formulaires de téléchargement pour vos amis.
Pendant ce temps, ceux qui ont été écartés de ce festin n’attendent pas sans rien faire. Vous vous êtes faufilés dans les brèches et avez escaladé les barrières, libérant l’information verrouillée par les éditeurs pour la partager avec vos amis.
Mais toutes ces actions se déroulent dans l’ombre, de façon souterraine. On les qualifie de « vol » ou bien de « piratage », comme si partager une abondance de connaissances était moralement équivalent à l’abordage d’un vaisseau et au meurtre de son équipage. Mais le partage n’est pas immoral, c’est un impératif moral.
(…)
Nous avons besoin de récolter l’information où qu’elle soit stockée, d’en faire des copies et de la partager avec le monde. Nous devons nous emparer du domaine public et l’ajouter aux archives. Nous devons acheter des bases de données secrètes et les mettre sur le Web. Nous devons télécharger des revues scientifiques et les poster sur des réseaux de partage de fichiers. Nous devons mener le combat de la guérilla pour le libre accès.
Lorsque nous serons assez nombreux de par le monde, nous n’enverrons pas seulement un puissant message d’opposition à la privatisation de la connaissance : nous ferons en sorte que cette privatisation appartienne au passé.
Serez-vous des nôtres ?
(…)

Texte et mise en scène. Fabrice Murgia / Cie Artara | Interprétation. Valérie Bauchau, Fatou Hane, El Hadji Abdou Rahmane Ndiaye, François Sauveur | Accompagnement dramaturgique. Vincent Hennebicq | Assistanat à la mise en scène. Vladimir Steyaert | Création vidéon. Giacinto Caponio | Assistanat à la création vidéo. Dimitri Petrovic | Création lumière. Emily Brassier | Création sonore. Maxime Glaude | Costumière. Emilie Jonet | Régie générale. Marc Defrise | Régie lumière. Aurélie Perret | Régie son. Sébastien Courtoy | Régie vidéo. Ledicia Garcia/Dimitri Petrovic | Stagiaire mise en scène. Emma Depoid | Stagiaire technique. Camille Sanchez | ⓒAndréa Dainef

Une production de la Cie Artara. En coproduction avec la Fondazione Campania dei Festival – Napoli Teatro Festival Italia, le Théâtre National-Bruxelles, le Théâtre de Namur, le manège.mons, le Théâtre de Grasse, La Comédie de Saint-Etienne – Centre dramatique national. Avec le soutien d’Eubelius. En collaboration avec Fotti.

 

AUTOUR DU SPECTACLE, NOUS PROPOSONS DES ATELIERS NUMERIQUES A PROPOS DES ENJEUX LIES AUX NOUVELLES TECHNOLOGIES – En quoi est-ce que le code, les outils numériques, pourraient nous servir dans notre quotidien ? 

 

En tournée en 17-18 

2017

Festivalplein Parade – ’s-Hertogenbosch (Pays-Bas/NL) : les 11 et 12 août 2017

2018

L’Ancre avec le PBA et Charleroi Danse (BE) : les 6 et 7 mars 2018

Le Théâtre de Grasse (FR) : les 16 et 17 mars 2018

L’Hexagone – Meylan (FR) : les 22 et 23 mars 2018

La Comédie de Saint-Etienne (FR) : les 27, 28 et 29 mars 2018

Le Lieu Unique – Nantes (FR) : les 4 et 5 avril 2018

Le Théâtre National Wallonie-Bruxelles (BE) : du 18 au 21 avril 2018